Note d'information générale sur les implants dentaires

Madame, Monsieur,

 

L'éventualité d'utiliser les implants dentaires a été évoquée pour vous. Voici quelques pages d'informations qui faciliteront nos échanges lors des prochaines consultations. Il s'agit de données générales qu'il convient de lire en ayant à l'esprit que chaque individu présente un cas particulier justiciable de choix individualisés.

Le principe des implants est le suivant: il s'agit de placer des racines artificielles ou des appuis osseux aux endroits où des ancrages seraient nécessaires à la réalisation d'un bridge ou d'une prothèse.

Les implants permettent de créer des piliers prothétiques là où il n'y en a pas, ou, en d'autres termes, de remplacer les racines dentaires perdues ou condamnées. C'est pourquoi les implants peuvent être envisagés pour améliorer votre équipement prothétique.

Ils permettent, selon les cas, la mise en place d'une prothèse fixée (couronnes ou bridges vissés ou scellés) ou de participer au maintien d'une prothèse amovible partielle ou complète.

Une étude préliminaire permet d'évaluer votre état de santé général, le volume et la qualité de l'os des mâchoires (interrogatoire, bilan sanguin, radiographique et scanner).

Les implants sont en titane. Dans le cas contraire, le métal est enrobé dans une pellicule d'alumine vitrifiée.

En effet, il existe deux techniques implantaires fiables. Chez certains patients elles peuvent être associées:

1- les implants endo-osseux. Ce sont les plus fréquemment utilisés, de forme approximativement cylindrique, appelés encore "implants racine", le plus connu étant l'implant de Bränemark, et dont le rôle est réellement semblable à celui d'une racine de dent naturelle,

2- les implants juxta-osseux. Plus rarement utilisés, ils sont placés à la surface des maxillaires et servent d'appuis complémentaires dans les zones où le volume osseux utilisable est trop restreint. Ils sont donc quasiment toujours associés soit à d'autres implants, soit à des prothèses fixées sur des dents naturelles.

 

L'extraordinaire tolérance de l'os des mâchoires vis à vis du titane et de l'alumine permet à l'os de vivre à leur contact. Ces matériaux sont d'ailleurs utilisés dans d'autres spécialités médicales depuis de très nombreuses décennies, en particulier en chirurgie orthopédique, notamment pour les prothèses de hanche.

Pendant près d’un siècle, les implants dentaires ont été utilisés avec un taux de réussite très aléatoire. Heureusement, les techniques actuelles, celles qui ont été codifiées il y a plus de 30 ans par le Professeur Bränemark et d’autres nombreuses équipes internationales ont totalement bouleversé cette situation.

Aujourd’hui, les traitements proposés sont fiables pour autant que les protocoles soient très attentivement respectés. Notamment, il n’est plus pensable de faire la pose des implants hors d’un environnement rigoureusement contrôlé du point de vue de la propreté et de la stérilité tel celui du bloc opératoire. Malgré les angoisses que peut générer cet environnement chez les personnes anxieuses, il y a tout lieu d’être rassuré puisque le confort opératoire, pour le patient et pour le praticien, est meilleur que dans un cabinet dentaire et seul il garantit une fiabilité optimisée (6 à 7% d’échecs seulement).

 

Les implants racine:

 

L'intervention se déroule en deux temps séparés de quelques mois: il s'agit véritablement de l'inverse d'une extraction !

1- une première intervention permet de placer les implants dans des logettes préparées à cet effet. A la fin de cette première intervention, la gencive est refermée comme elle l'était auparavant. Ainsi protégés de la salive, des microbes et des sollicitations mécaniques provoquées par la mastication, les implants peuvent "faire prise" grâce à la formation d'os qui vient les enserrer.

L'intervention ayant lieu dans une zone saine, les suites opératoires sont habituellement minimes: les patients sont en général surpris de constater qu'elles sont bien moins importantes que celles d'une extraction. Les fils de suture se résorbent d'eux-mêmes dans un délai de 10 jours à quelques semaines sans qu'il soit utile de les retirer.

Néanmoins, des ecchymoses (bleus) peuvent parfois se produire qui sont sans conséquences autres qu'esthétiques au niveau des yeux, des joues ou du cou. Elles se dissipent en quelques jours.

De manière générale, un confort total est obtenu grâce à la simple prise d'antalgiques légers. Parfois, pour le palais qui est plus sensible, une dose plus importante d'antalgiques sera nécessaire les tous premiers jours.

De toute façon, une couverture antibiotique d'une huitaine de jours est prescrite .

2- La période de mise en nourrice permet de protéger l'environnement pendant que l'os se forme autour des racines artificielles pour les enserrer. Sa durée varie selon les cas de 4 à 6 mois. Cette période d'attente, qui constitue sans doute la nouveauté la plus importante proposée par les scientifiques scandinaves, permet d'atteindre un taux de succès à 95% pour les implants posés.

3- Une deuxième intervention tout à fait bénigne permet de découvrir les implants et de les mettre en fonction par l'intermédiaire du pas de vis ou du puits qui se trouve en son centre. Cette intervention est beaucoup plus anodine que la première, et ne donne en général aucune séquelle. Elle peut être conduite soit cabinet dentaire, soit à la clinique, et elle est parfois associée à un aménagement de la gencive péri-implantaire afin d'améliorer l'aspect fonctionnel et esthétique de la future réalisation prothétique. Ceci peut aussi être reporté à une date ultérieure.

Une superstructure est agrégée à l'implant par vissage ou par scellement: elle permettra ultérieurement de mettre en place une prothèse provisoire puis une prothèse permanente. L'implant joue alors un rôle identique à celui d'une racine dentaire.

C'est au moment de la deuxième intervention, ou lors de la mise en fonction des implants, que l'on peut les tester une première fois et constater leur "bio-intégration" (ou "ostéo-intégration") ou bien l'échec de cette intégration.

Les très bons résultats que l'on connaît aujourd'hui sont dus à la préparation du site (instrumentation particulière et technique écologique non traumatisante) et aux conditions d'asepsie pendant et après l'intervention.

L'intérêt du passage par une phase de prothèse transitoire est donc double:

- éviter les frais d'une prothèse définitive en cas d'échec, ces échecs intervenant pendant les tous premiers mois d'utilisation,

- assurer une mise en charge progressive, la prothèse provisoire en résine jouant un rôle d'amortisseur bien mieux que ne pourrait le faire le métal ou la céramique. D'ailleurs, dans certains cas, votre praticien proposera de construire la prothèse définitive en résine, et de conserver celle-ci en résine pendant quelques mois, voire quelques années.

Les 5% de problèmes que l'on rencontre encore (et qui sont malheureusement inhérents à toute technique médicale ou chirurgicale) apparaissent très rapidement, pendant la "mise en nourrice" ou pendant les 3 premiers mois qui suivent. Il s'agit non pas d'un "rejet" mais d'un défaut d'ossification qui se produit pour des raisons locales (os trop calcifié ou trop " sec ") ou générales (trouble du métabolisme du calcium, diabète non compensé, Sida en phase de maladie).

Il est alors nécessaire de retirer l'implant en question mais, dans la plupart des cas, on peut en remettre un autre à la même place après 2 ou 3 mois de cicatrisation.

Cette nouvelle implantation ne vous sera en aucun cas facturée: le nouvel implant est gratuit. Il vous sera seulement demandé de régler directement le fournisseur pour ce qui concerne les biomatériaux éventuellement utilisés lors de cette nouvelle intervention.

On a constaté que cette nouvelle intervention était généralement couronnée de succès, l'échec initial semblant stimuler la vascularisation et le métabolisme de l'os. Le seul inconvénient est de rallonger le traitement de 6 mois supplémentaires.

 

Les implants juxta-osseux:

Ces implants, dont la conception est finalement assez ancienne, ont vu, ces dernières années leur succès spectaculairement optimisé grâce à l'utilisation de matériaux et de technologies nouvelles. Les échecs anciennement répertoriés sont à présent rarissimes grâce à la disparition de l'intolérance des tissus osseux et gingivaux aux métaux que l'on utilisait alors.

Deux interventions sont nécessaires:

1- une première intervention permet de prendre l'empreinte de l'os. Cette empreinte permet de fabriquer sur mesure un implant dont la surface est recouverte d'alumine,

2- une deuxième intervention permet de mettre l'implant en place.

Les implants juxta-osseux peuvent être utilisés et équipés de prothèses dans des délais assez rapides: dès que la gencive a bien cicatrisé.

 

 

Les statistiques montrent que les échecs sont exceptionnels après les 3 premiers mois de travail de l'implant. C'est pourquoi, et afin de ne pas vous engager financièrement dans la réalisation d'une prothèse définitive tant que nous ne sommes pas sûrs du devenir des piliers, les prothèses provisoires sont laissées en place. Après contrôle, la prothèse définitive pourra être installée.

Les piliers ainsi créés sont parfaitement stables, indolores à la mastication et permettent de retrouver une fonction et une esthétique normales. Ils devront être de votre part l'objet de soins d'hygiène méticuleux et au moins biquotidiens.

Vous devrez vous engager à vous astreindre à des contrôles réguliers et périodiques permettant de dépister, par l'examen et éventuellement par des radiographies, tout début de défaillance (inflammation péri-implantaire), au moment où il est possible, voire aisé, d'y porter remède.

Les progrès enregistrés ces dernières années, et qui sont le fait des équipes suédoises, françaises et américaines, permettent de placer l'implantologie dans les techniques fiables et de routine en dentisterie.

 

Bien entendu, après ces explications très générales je vous invite très vivement de me poser toutes les questions que vous souhaitez, afin de vous éclairer dans votre choix.

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